Concept Store, là où on ne l’attend pas!

Le point de vente revêt depuis quelques temps, ses habits événementiels.
Mi-novembre, Monoprix faisait découvrir à quelques « happy few » sa collection capsule designed by José Lévy dans son pop up store installé au Palais de Tokyo.
Car aujourd’hui pour être « in », il faut être pop, capsule et éphémère…
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Monop 2

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Monop 1

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Quand l’événement est réussi, l’achat devient expérience.
Sur ce point, « peut mieux faire » pour Monoprix…
La mise en scène est là… mais pour les invités, rien ne se passe. Le seul droit de voir ses produits en avant-première ne suffit pas/plus.
Même avec une coupe de champagne 😉

Encore une marge de progression pour Monoprix. Quelle bonne nouvelle…

Mais alors tout ce design, toutes ces trouvailles de merchandising, de happenings commerciaux sont-ils limités à l’hôtellerie, la mode, l’art de vivre et quelques marques pointues ?

Et bien oh surprise, j’ai trouvé un Concept Store dédié à une profession qui, il faut bien le dire, est à mille lieues de l’idée même d’un concept : la boucherie.
Oui tout de suite c’est moins sexy… Quoi que, GQ fait tout un article sur la Meat Generation dans son numéro daté Décembre… Mais revenons à notre Concept Store inédit : oui, j’ai bien trouvé au détour d’une ruelle dans le 6ème… THE boucherie concept store !
Audacieux… mais pour le client, l’aventure est plutôt déstabilisante !

Il faut être honnête, une boucherie, c’est une boucherie avec ses codes : une vitrine rouge de viandes étalées avec des petites décorations vertes et le prix au kilo…

Pendant longtemps, le plus excentrique des bouchers, le who’s who de la côte de bœuf, Yves-Marie Le Bourdonnec tenait le haut de l’affiche avec son Couteau d’Argent à Asnières sur Seine. Sa vitrine : un temple de sa popularité, de son œuvre !

Couteau1

Mais une fois passée cette charmante excentricité, à l’intérieur, on est bien dans une boucherie… l’espace est un peu exigu, la viande et les spécialités Le Bourdonnec sont exposées, une chambre froide, ok vitrée, et le service : impeccable. Les renseignements sur les provenances, les cuissons, les préparations : pas de timidité mal placée, on aime parler de son métier, des bons repas à préparer !
La surprise ? Ce sont tous les mercredis ! Journées soldes, enfin journées petits prix, journée « boucherie de quartier »… Une bonne surprise donc ! Et heureusement, car oui tout y est excellent donc forcément, les prix vont avec… mais ici, on le sait avant de pousser la porte !

Alors, quelle boucherie a titillé ma curiosité jusqu’à en faire un article ?

Polmard et son concept de vente plutôt surprenant : ici pas d’étalage de viandes, pas d’enseigne « Boucherie », on pourrait dire pas de boucherie du tout ! D’ailleurs ils se disent Maison Polmard. Juste, un petit écriteau à la craie où sont notées 3 spécialités. A déguster à l’intérieur près du bar peut être?

Polmard 1

Une fois à l’intérieur, c’est encore le mystère… l’information est sporadique, le billot est le référent « tradition boucher », 3 pancartes prix et un morceau de viande sous vide sous cloche : le doute est presque levé, j’ai l’impression que c’est une boucherie. Mais où est la viande ?

Polmard 2

Cette expérience est pour le moins déstabilisante et en rupture totale avec les codes. C’est ensuite que l’on remarque les frigos aux portes vitrées avec la viande… prête à partir.

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Polmard 4
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Polmard 3
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Le « boucher », qui n’a aucun code vestimentaire de boucher, vous rejoint et vous explique que la maturation est faite sous vide et qu’en conséquence, la viande est préservée dans les frigos vitrés. Explication un peu rapide et bâclée, car au final c’est en faisant des recherches que l’offre prend tout son sens : la maturation est faite sous vide, oui mais avec un procédé unique dit procédé de haute surgélation sous vide qui permet à cette viande de luxe de conserver l’excellence du goût, sa tendreté… et le client pourra la conserver 10 ans sans altération ! Etonnant.

Des codes poussés à l’extrême.

Faire évoluer les traditions, apporter de la modernité, des expertises supplémentaires : oui, et encore oui. La richesse de nos métiers, de nos traditions n’en sera que sublimée.
Mais attention à ne pas laisser le client dans l’incompréhension. Un mauvais ressenti lors d’une première visite, et il n’est pas certain qu’il revienne, même avec une offre excellente et surtout si les prix sont élevés.
Il faut donner du sens rapidement et en lien avec le niveau d’excellence pour que l’expérience client soit vécue avec le bon étonnement, la bonne émotion et à la juste mesure de l’offre.

Maison Polmard : au travail ! On a hâte…

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